Cultiver la connaissance, préserver l’environnement et renforcer la sécurité alimentaire
Dans les écoles de Garoua, JADD accompagne les jeunes générations dans la découverte d’une agriculture plus saine, plus durable et respectueuse de l’environnement. À travers la mise en place de jardins potagers pédagogiques écologiques, l’organisation transforme les espaces scolaires en véritables lieux d’apprentissage, où les élèves peuvent expérimenter concrètement les principes de l’agroécologie et de la préservation des ressources naturelles.
Un projet né d’un constat environnemental
La dégradation progressive des terres agricoles et la forte dépendance aux intrants chimiques constituent des enjeux importants pour les communautés. Face à ces défis, JADD a souhaité agir dès le plus jeune âge en sensibilisant les élèves à des pratiques agricoles saines, durables et facilement reproductibles dans leur environnement familial.
Le jardin potager devient ainsi un outil pédagogique à part entière : il permet aux élèves de comprendre le cycle des cultures, l’importance de la qualité des sols et de l’eau, mais aussi les liens entre agriculture, alimentation, santé et protection de l’environnement.
Apprendre en cultivant
L’objectif du projet est double : renforcer l’éducation environnementale en milieu scolaire et contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire grâce à des pratiques agricoles écologiques.
Au cours de l’année scolaire 2024-2025, JADD a accompagné la création de cinq jardins potagers pilotes au sein de cinq établissements scolaires de Garoua :
- Collège Giacomo Lunardi de Djamboutou ;
- Collège Baptist School ;
- École primaire publique d’application Poumpoumre IIIA ;
- Lycée bilingue de Kolere ;
- École publique annexe Poumpoumre IIA.
Au total, 412 élèves et écoliers ont été directement concernés par le projet, avec 267 élèves et 145 écoliers bénéficiaires des différentes activités pédagogiques.
Des pratiques agricoles écologiques au cœur de l’apprentissage
Pour permettre aux élèves de participer activement à la vie des jardins, JADD a fourni, sur ses fonds propres, les outils agricoles et les semences maraîchères nécessaires au lancement des activités.
Les élèves ont ensuite été formés et accompagnés dans les principales étapes de la production maraîchère, notamment :
- la préparation et l’entretien du sol ;
- la mise en culture et l’entretien des plantations ;
- l’utilisation de techniques d’irrigation économes en eau, notamment le goutte-à-goutte ;
- la fabrication et l’utilisation de biopesticides naturels ;
- le suivi et la protection des cultures ;
- la récolte et la valorisation des productions.
Cette approche permet aux élèves de passer de la théorie à la pratique et de développer des savoir-faire qu’ils peuvent ensuite reproduire chez eux.
Des premières récoltes et un impact qui dépasse l’école
Les cinq jardins potagers mis en place sont aujourd’hui fonctionnels et ont permis d’obtenir les premières récoltes de légumes frais, notamment du gombo, de la laitue, du folléré et du lalo.
Mais au-delà des résultats directement observables dans les établissements scolaires, le projet a également fait émerger une dynamique particulièrement encourageante : plusieurs élèves ont spontanément commencé à mettre en place des potagers au sein de leur famille.
Cette appropriation constitue l’un des effets les plus importants du projet. Les connaissances acquises à l’école ne restent ainsi pas limitées à l’espace scolaire : elles sont progressivement transmises aux familles et peuvent contribuer à diffuser des pratiques agricoles plus durables au sein des communautés.
« Du jardin scolaire au jardin familial, chaque élève devient à son tour un acteur du changement. »
Un projet financé sur les fonds propres de JADD
La mise en œuvre de cette initiative a représenté un investissement de 8 840 000 FCFA, entièrement financé sur les fonds propres de JADD.
Ce financement a notamment permis de fournir les équipements et semences nécessaires et d’assurer l’accompagnement pédagogique des établissements participants.
Cette mobilisation témoigne de la volonté de JADD de poursuivre ses actions d’éducation environnementale et de promouvoir des solutions concrètes, accessibles et adaptées aux réalités locales.
Des défis à relever
La mise en œuvre du projet a néanmoins rencontré plusieurs difficultés.
Le financement sur fonds propres a limité les moyens disponibles pour développer davantage l’initiative et toucher un plus grand nombre d’établissements. Par ailleurs, les démarches administratives nécessaires à l’obtention des autorisations auprès des établissements scolaires ont parfois été longues.
Enfin, certains responsables scolaires ont manifesté une réticence initiale face à la mise en place des jardins. Le dialogue, la sensibilisation et la démonstration concrète des bénéfices pédagogiques et environnementaux du projet ont toutefois permis de faire progressivement évoluer les perceptions.
Vers une agriculture scolaire durable
À travers ces cinq jardins potagers pilotes, JADD souhaite démontrer que l’école peut devenir un véritable espace d’expérimentation et de transmission des pratiques durables.
En donnant aux élèves la possibilité de planter, entretenir, récolter et comprendre, le projet contribue à développer leur autonomie, leur conscience environnementale et leur connaissance des enjeux liés à l’alimentation et à l’agriculture.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la volonté de JADD de faire des jeunes des acteurs du développement durable, capables de transmettre les pratiques acquises au sein de leurs familles et de leurs communautés.
Les chiffres clés
- 5 établissements scolaires accompagnés
- 412 élèves et écoliers bénéficiaires
- 5 jardins potagers pilotes fonctionnels
- 8 840 000 FCFA investis sur fonds propres
- 2024-2025 année de mise en œuvre
- 4 principales productions récoltées : gombo, laitue, folléré et lalo
Un projet au croisement de plusieurs ODD
Ce projet contribue notamment aux Objectifs de développement durable (ODD) liés à l’éducation, à la sécurité alimentaire, à la consommation et production responsables, à la protection des écosystèmes terrestres et à la lutte contre les effets du changement climatique.