Le 17 septembre 2026, l’ONG Jeunes en Action pour le Développement Durable (JADD) s’est rendue à l’École Nationale des Eaux et Forêts (ENEF) de Mbalmayo pour une rencontre technique consacrée au développement de son projet de pépinières pédagogiques. Cette rencontre avait pour objectif de croiser les expertises autour du choix des espèces, de leur multiplication et de leur adaptation aux pépinières scolaires.
De 13h à 16h, les équipes de JADD et de l’ENEF ont échangé sur les conditions nécessaires à la production de plants adaptés aux objectifs pédagogiques, environnementaux et de reboisement du projet.
Une rencontre pour mieux choisir les espèces adaptées aux pépinières scolaires
La sélection des espèces constitue une étape essentielle dans la conception d’une pépinière pédagogique. Au-delà de l’intérêt écologique ou pédagogique d’une espèce, plusieurs caractéristiques doivent être prises en compte pour garantir son développement et faciliter son utilisation dans un contexte scolaire.
Lors de la rencontre, JADD a présenté l’état d’avancement de son projet ainsi qu’une première liste d’espèces forestières et fruitières envisagées. Les échanges avec les spécialistes de l’ENEF ont notamment porté sur :
- la vitesse de croissance des plants ;
- le développement et la puissance du système racinaire ;
- les caractéristiques du houppier et la capacité à fournir de l’ombrage ;
- la disponibilité des semences ;
- la durée et les conditions de germination ;
- les phénomènes de dormance ;
- les éventuels prétraitements nécessaires ;
- les possibilités de multiplication végétative, notamment par bouturage.
Dans le cadre d’une pépinière scolaire, le développement racinaire constitue notamment un critère important. Le choix d’une espèce doit ainsi tenir compte de son adaptation aux contraintes spécifiques d’un environnement pédagogique.

Des échanges techniques autour de la germination et de la multiplication
La réussite d’une pépinière ne repose pas uniquement sur le choix des espèces. La disponibilité des semences, leur conservation et les conditions nécessaires à leur germination sont également déterminantes.
Les échanges avec l’ENEF ont permis d’aborder plusieurs facteurs à documenter avant la mise en production des plants : période de fructification, disponibilité ou rareté des graines, conditions de stockage, durée de germination et méthodes permettant de lever la dormance.
La multiplication végétative représente également une piste intéressante pour certaines espèces dont les semences peuvent être difficiles à obtenir. Le recours au bouturage pourrait ainsi compléter les méthodes de multiplication par graines selon les caractéristiques des espèces retenues.
Ces éléments devront être approfondis afin d’établir une liste d’espèces priorisées et un protocole adapté aux objectifs de la pépinière pédagogique.
Une visite des pépinières de l’ENEF pour passer de la théorie à la pratique
Les échanges en salle se sont poursuivis par une visite des installations de pépinière de l’ENEF.
Cette étape a permis à l’équipe de JADD d’observer directement différentes espèces forestières ainsi que plusieurs techniques de multiplication et de production des plants. Les participants ont notamment pu échanger autour de la germination, du prétraitement des semences, du bouturage et des conditions nécessaires au bon développement des jeunes plants.
Cette approche de terrain vient compléter les échanges théoriques et permet d’identifier plus concrètement les pratiques susceptibles d’être adaptées au projet de pépinières pédagogiques de JADD.
Quelles espèces pour les futures pépinières pédagogiques ?
Au cours de la rencontre, l’ENEF a partagé plusieurs propositions d’espèces forestières et fruitières, parmi lesquelles figurent notamment l’Émien (Alstonia boonei), le Wengé (Millettia laurentii), l’Azobé (Lophira alata), le Bibolo ou Dibétou (Lovoa trichilioides), le Doussié (Afzelia spp.), le Bété (Mansonia altissima), l’Assaméla ou Afrormosia (Pericopsis elata), l’Ayous (Triplochiton scleroxylon), le Fraké (Terminalia superba), le Djansang (Ricinodendron heudelotii), le Moabi (Baillonella toxisperma) ou encore le Wakanga (Voacanga africana).
Des espèces exotiques ont également été évoquées, notamment le Teck (Tectona grandis), le Saule pleureur (Salix babylonica), le Pin (Pinus spp.) et l’Inga (Inga edulis).
Cette première liste constitue une base de travail. Elle devra encore faire l’objet d’une sélection et d’une validation technique, notamment concernant l’identification scientifique de certaines espèces et leurs conditions de multiplication.
Vers une collaboration autour du suivi de la biodiversité
La rencontre a également permis d’ouvrir une autre perspective de collaboration entre JADD et l’ENEF : le partage de compétences autour du suivi de la biodiversité.
Des échanges ont notamment porté sur les possibilités de développer des travaux autour des relations entre la faune et la végétation, ainsi que sur l’utilisation éventuelle de dispositifs de suivi tels que les pièges photographiques.
Ces pistes pourraient permettre d’étudier différents aspects de la biodiversité locale, notamment la présence et la fréquence d’observation de certaines espèces, leur utilisation de l’espace ou encore leurs interactions avec les ressources végétales.
Le compte rendu souligne toutefois que certaines informations relatives à la présence de grands mammifères dans la zone devront être vérifiées et documentées avant toute communication ou mise en place d’un protocole de suivi.
Cette perspective pourrait également favoriser un véritable échange de compétences : l’expertise de JADD en matière de suivi de la grande faune pourrait être mise en relation avec les connaissances de l’ENEF en foresterie, botanique et espèces forestières locales.
Une collaboration au service de l’éducation environnementale
À travers son projet de pépinières pédagogiques, JADD souhaite faire de la production de plants un véritable outil d’apprentissage et de sensibilisation à l’environnement.
Une pépinière scolaire peut en effet permettre aux élèves d’observer concrètement le développement d’un végétal, de comprendre les besoins d’une plante et de découvrir les différentes étapes qui précèdent la plantation d’un arbre.
Elle constitue également un support pour aborder des enjeux plus larges : biodiversité, restauration des écosystèmes, protection des sols, reboisement et adaptation des pratiques agricoles et forestières.
Le partenariat avec l’ENEF permet ainsi d’enrichir cette démarche par une expertise technique directement liée aux métiers de la foresterie et de la gestion des ressources naturelles.
Les prochaines étapes du projet
À la suite de cette rencontre, plusieurs actions ont été identifiées afin de poursuivre la structuration du projet :
- établir une liste définitive et priorisée des espèces ;
- confirmer leur identification scientifique ;
- documenter les méthodes de multiplication et de prétraitement ;
- préciser les temps et conditions de germination ;
- identifier les sources de semences disponibles ;
- définir les modalités d’appui technique de l’ENEF ;
- approfondir les possibilités de suivi de la biodiversité ;
- étudier l’utilisation de pièges photographiques ;
- poursuivre les réflexions sur les interactions entre faune et végétation ;
- développer des outils pédagogiques avec l’appui de l’ENEF.
Ces différentes étapes doivent permettre de transformer les échanges engagés à Mbalmayo en actions concrètes et adaptées aux réalités du terrain.
JADD et l’ENEF : faire grandir les compétences pour faire grandir les projets
La rencontre du 17 septembre 2026 marque une nouvelle étape dans les échanges entre JADD et l’École Nationale des Eaux et Forêts de Mbalmayo.
En associant expertise technique, observation de terrain et transmission des connaissances, cette collaboration contribue à renforcer le projet de pépinières pédagogiques tout en ouvrant de nouvelles perspectives autour de la biodiversité et de la foresterie.
Pour JADD, l’enjeu est de construire des projets environnementaux qui ne se limitent pas à planter des arbres, mais qui permettent aussi de comprendre les espèces, leurs besoins et leur rôle dans les écosystèmes.
À travers ces échanges, la pépinière devient ainsi un espace d’apprentissage, d’expérimentation et de transmission au service de l’éducation environnementale et de la préservation de la biodiversité au Cameroun.
À retenir
17 septembre 2026 — Rencontre technique entre JADD et l’ENEF
Lieu : École Nationale des Eaux et Forêts, Mbalmayo
Thématiques : pépinières pédagogiques, espèces forestières, germination, multiplication, foresterie et biodiversité
Perspectives : sélection des espèces, appui technique, outils pédagogiques et suivi de la biodiversité.
FAQ – Pépinières pédagogiques et collaboration JADD–ENEF
Qu’est-ce qu’une pépinière pédagogique ?
Une pépinière pédagogique est un espace de production de jeunes plants qui peut également servir de support d’apprentissage et de sensibilisation à l’environnement dans un cadre scolaire.
Pourquoi le choix des espèces est-il important ?
Le choix doit tenir compte de plusieurs critères, notamment la croissance, le développement racinaire, la disponibilité des semences, les conditions de germination et les possibilités de multiplication.
Pourquoi JADD travaille-t-elle avec l’ENEF ?
Les échanges avec l’ENEF permettent à JADD de bénéficier d’expertises techniques en foresterie, botanique et production de plants afin de renforcer son projet de pépinières pédagogiques.
Quelles sont les prochaines étapes ?
JADD et l’ENEF doivent notamment poursuivre le travail de sélection des espèces, documenter leurs méthodes de multiplication et préciser les modalités d’accompagnement technique.